Pendant le festival Reims Polar, les vrais policiers ont donné leur regard sur le polar
Par Justine Foulon
La 6e édition du Reims Polar s’est conclue le 5 avril dernier, par un bon palmarès et une attractivité en hausse. Parmi les nouveautés du festival cette année, c’étaient les « les cafés Polar ». Retour sur l’un d’entre eux, avec des professionnels de la police.
A deux pas d’Opéraims, là où se sont tenus les projections de film durant le Reims Polar, nombreux sont celles et ceux qui se sont retrouvés « Chez Odette ». L’occasion de discuter des projections, mais aussi de rencontrer des professionnels du cinéma, le jury Police, ou encore assister à l’enregistrement d’une émission de radio.
Le café Polar a ainsi permis de rencontrer le jury Police, qui s’est déroulé le jeudi 2 avril dernier, sous la forme d’un échange de questions entre le public et 4 professionnels de la police nationale. La présidente du jury, Danielle Thiéry, ancienne commissaire divisionnaire était l’une des premières femmes à avoir accédé à ce grade. Aujourd’hui elle est écrivaine de polars, avec une cinquantaine de livres à son actif mais aussi scénariste pour la télévision. Un jury composé de Raphaël Prieur, chef de la Brigade de Recherche et d’Intervention de Paris, Muriel Sobry, commissaire générale de police nationale à Paris, et directrice de la sécurité d’un grand groupe énergétique français et Jean-Sébastien Rosadoni, chef de la division de sécurisation et de protection des institutions à la préfecture de Police de Paris.
Les professionnels de la police nationale ont répondru aux questions du public sur les polars.
Parmi les questions posées, celle du regard qu’ont les professionnels de police pour juger les polars, ou encore les incohérences dans les polars, qui irritent les policiers. Des professionnels qui portent leurs regards principalement sur la vraisemblance. Raphaël Prieur ajoutait ainsi que « le cinéma influence forcément notre manière d’être policier. Il y a forcément des questions de déontologie qui se posent« . Appuyer ces questions dans des polars permet d’éviter les incohérences…
Pour Danielle Thiéry, une des plus grosses incohérence à l’écran, ce sont les gants en caoutchouc bleus qui sortent de la poche, avec lesquels on va se gratter le nez, alors qu’on va intervenir sur une scène de crime. Pour Muriel Sobry, c’est l’individualité : « dans les missions de police, la ferveur collective est obligatoire. L’éthique est collective, et non individuelle« .
Raphaël Prieur, lui appuyait sur l’image « du flic solitaire, sombre, corrompu, dark, alcoolique (…).On force le trait. Evidemment ça arrive, comme partout. Mais la police ne se résume évidemment pas à ça« . Jean-Sébastien le rejoignait sur cet avis, en ajoutant qu’à l’étranger, souvent aux États-Unis, la police française est ridiculisée, passe pour la police « plouc », alors que les missions sont importantes. « Le lien social est primordial pour un bon polar« , précisait-il.
Mais alors, quels sont les films de référence qui ont donné envie aux intervenants de devenir policier ?
Pour Danielle Thiéry, ses films de référence sont La Balance, Garde à vue et Shutter Island. Pour elle, ce qui est nécessaire dans un polar c’est la possibilité de s’identifier au personnage principal. Les polars deviennent plus centrés sur la vie sentimentale des personnage que la déontologie du policier en lui-même. Raphaël Prieur lui, a été énormément attiré par Qué dios nos perdone, Dans ses yeux et Scène de crime. Muriel Sobry a aussi mentionné Garde à vue, mais elle rajoute Usual suspect et Mississipi Burning. Enfin Jean-Sébastien Rosadoni s’est référé au Parrain, tandis que Lucky Luke berçait son enfance dans une existence où ce métier a toujours été une vocation.
Pour + d’infos sur le Reims Polar, retrouvez l’émission qui y a été consacrée sur RJR ce dimanche à 17h (106.1 en fm) ou sur rjrradio.fr.



