Entre satisfaction et gros défis, le Cabaret Vert a réussi sa 20e édition

Avec Gims et Ofenbach pour conclure et Jain en invitée surprise, le Cabaret Vert a conclu 4 jours de festival intenses ce dimanche. Une édition 2026 remplie de nombreux temps forts, belles surprises et quelques contre-temps. Une 20e édition charnière qui doit ouvrir le festival vers un projet plus global, qui va bien au-delà de la musique..

On pourrait croire qu’après vingt éditions, le Cabaret Vert est entré dans une forme de routine qui permet au festival de rouler. C’est mal connaître les organisateurs. Une fois de plus durant l’édition 2026, le Cabaret Vert a offert une parenthèse enchantée qui a mêlé des publics qui ne se seraient certainement jamais croisés ailleurs.

Des quinquas tatoués et main levées jeudi devant les Deftones, aux jeunes embarqués par les rythmes de Théodora, Gims ou Miki, en passant par les partisans de l’électro engagée de Todieflor, tous se sont croisés sur un site qui a trouvé son apogée en terme de déambulation.

Crédit photo : Elodie SAINTE

Ajoutez à ceux-là, les fans de breuvages locaux, les gourmands de restauration responsable, les amateurs de BD ou de cinéma et un estaminet rempli d’animations cools, et voilà le festival ardennais flirtant encore avec les 110.000 festivaliers au total. C’est d’ailleurs là le défi du Cabaret Vert après 20 éditions. Trouver le juste équilibre entre engagement durable, finances et satisfaction du public.

Côté fréquentation, le festival a été porté par un samedi « sold out ». 32.000 visiteurs boostés par les concerts de Théodora, Disiz, Miki et Adéla. Le dimanche a aussi été particulièrement apprécié des plus jeunes. Avec Gims en tête d’affiche, jamais le festival n’avait accueilli autant d’enfants, capables de chanter des tubes plus vieux qu’eux. Autre beau moment, le double passage de Jain, invitée surprise dimanche. L’artiste a poussé les décibels au milieu d’un Zion Club qui n’avait jamais telle foule.

Crédit photo : Elodie SAINTE

Belle fréquentation pour des activités variées

A écouter les nombreux retours de festivaliers, ils ont aussi pris plaisir à déambuler au sein de l’espace BD, encouragés par le journal du Spirou. Les auteurs n’ont d’ailleurs pas chômé durant leurs séances de dédicaces. Dans une ambiance plus calme mais pas moins festive, les nombreuses activités proposées à l’Estaminet ont bien fonctionné, à l’image du SonoSoccer du collectif Sonopopée ou la criée du Hareng, qui portait quelques nouvelles du festival au mégaphone dans un jeu théâtralisé apprécié. Une affluence en légère hausse par rapport à 2025 qui permet de stabiliser le festival, lui qui avait conclu l’année 2025 fortement dans le rouge.

Crédit photo : Elodie SAINTE

Une édition 2026 satisfaisante pour la direction du Cabaret Vert, tant les frayeurs ont existé durant les 4 jours. L’annulation des concerts de Gringe et surtout Charlotte Cardin n’ont pas offert une totale sérénité. La chanteuse canadienne n’a officialisé son retrait (problèmes aux cordes vocales) que deux jours avant. De quoi bouleverser la programmation du samedi. Un coup dur qui s’ajoutait à une fréquentation timide sur la journée rock/metal de jeudi (un peu plus de 20.000 personnes). Une prog’ pourtant attendue par de nombreux nostalgiques des premières éditions du Cabaret Vert.

Et après ?

Place désormais au démontage pour les uns et aux réflexions pour les autres. Objectifs, conserver cet improbable mélange des cultures, prolonger l’attractivité culturelle pour le territoire tout en préservant l’équilibre économique et écologique du projet. Ainsi durant l’édition 2026, le festival a renforcé son ADN vert. Il reste le pilier du projet. Des produits quasi intégralement locaux, en circuit court, avec des déchets triés, recyclés. Un impact environnemental toujours réfléchi. Reste que malgré la sensibilisation, le festivalier doit encore, parfois, se responsabiliser pour continuer d’allier plaisir et conscience.

Crédit photo : Elodie SAINTE

La suite, c’est aussi la valorisation de la « marque Cabaret Vert ». Elle passera par l’investissement autour de la Macérienne. Cette friche dépolluée doit continuer de se transformer pour devenir un vrai pôle d’attractivité. Entre salle de diffusion, coworking, restauration, hôtellerie et volonté de relancer la centrale hydraulique, le projet reste ambitieux et coûte cher, autour de 60 millions d’euros. D’où le besoin d’ouvrir le projet à des investisseurs locaux. Plus loin, le site utilisé pour le festival pourrait même intégrer un parcours touristique, entre activité nautique en bord de Meuse et guinguette. De quoi offrir du travail aux équipe de l’association Flap, porteuse du festival. Le Cabaret Vert, lui, reviendra pour une 21e édition du 19 au 22 août 2027…