Débuts mitigés pour Shein à Reims
Après plusieurs polémiques, le géant chinois de l’ultra fast fashion s’est installé physiquement dans cinq villes de France, dont Reims, ce mercredi. Entre fréquentation très moyenne et réactions en demi-teinte, le lancement rémois est bien loin des images du point de vente parisien ouvert en novembre.
L’ouverture à Reims d’un magasin Shein – très décriée – avait été plusieurs fois reportée. Les scandales autour des conditions de fabrication des vêtements et la dénonciation de la vente de produits inadaptés ou interdits, avaient aussi eu pour conséquence le retrait des Galeries Lafayette des bâtiments rue de Vesle et la désertion de nombreuses marques. Alors cette fois, BHV a préféré la discrétion. C’est peut-être une des explications de la faible affluence à l’ouverture officielle de la boutique rémoise d’un peu plus de 600m2, mercredi matin. Les opposants à la marque chinoise étaient aussi absents.
Depuis, la nouvelle de l’ouverture s’est propagée. Mais tandis que la rue de Vesle demeurait bien remplie ces vendredi et samedi, derniers jours de congés scolaires, le périmètre qui délimitait l’entrée de Shein Reims restait bien vide. Les entrées, en échange d’un petit ticket, demeuraient certes régulières. Mais au sous-sol du magasin, les allées restaient calmes. Et à en croire la seule des quatre caisses ouverte, les clients étaient plus des curieux que de réels acheteurs.
« Pas les mêmes prix, pas les mêmes choix »
Réputé pour sa politique de petits prix, le magasin de la marque chinoise a suscité des réactions très mitigées dans les rayons, vendredi. Première déception, la variété très limitée des produits proposés en rayon, principalement composés d’une sélection hivernale de vêtements féminins. A ce sujet, la direction avançait des choix plus importants à l’arrivée de la prochaine collection en avril. Plusieurs clients scrutaient aussi la qualité des produits. Une famille y voit là l’avantage de la boutique plutôt que l’achat en ligne. « Ici, au moins, on peut tester et essayer », avançait un père au reste de la famille.
Autre sujet de conversation, le prix. Malgré l’offre de lancement et l’assurance par la marque de prix similaires à ceux connus sur internet, beaucoup de clients constatent quelques euros de plus. Il est vrai que les étiquettes apposées aux produits en vente dans le sous-sol du BHV ne font pas état de promotions (hors offre de lancement jusque lundi). Or les habitués de la boutique d’ultra fast fashion en ligne ont coutume de retrouver des remises régulières. Pas de quoi, pour l’instant, trouver son public. Du gâchis pour plusieurs visiteurs attristés de constater les étals vides aux autres étages du bâtiment. A Paris, le magasin ouvert en novembre déçoit aussi. La direction de Shein a reconnu un bilan en deçà des espérances. Un bilan devrait être dressé dans un an.



