A Reims et ailleurs, l’union ne fait pas toujours la force en politique
Le second tour des élections municipales a rendu son verdict ce dimanche. Et parmi les nombreux enseignements à retenir, les fusions ou alliances n’ont pas forcément trouvé les résultats espérés. Analyse…
En politique, 1+1 ne fait pas toujours 2 ! Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, plusieurs listes parfois en difficulté ou sous la menace de listes adverses, avaient décidé de s’allier. Au lendemain des résultats du second tour, il semble que ces alliances n’aient pas eu le retentissement souhaité, combien même les différentes déclarations des candidats concernés s’en défendent.
Dans la Marne, notamment, trois communes se voyaient dotées de listes avec fusion. Illustration par exemple à Tinqueux, près de Reims. Gilles Borck qui présentait une liste Rassemblement National, avait obtenu 987 voix au 1er tour, et Laurent Leboeuf qui présentait une liste Divers Droites, a lui obtenu 963 voix. De quoi cumuler 1950 voix en fusionnant. Pour autant la liste d’union des deux candidats n’a recueilli que 1559 voix. Une légère baisse par rapport aux voix décomptés individuellement au premier tour. De quoi permettre au maire sortant Jean-Pierre Fortuné, pourtant en difficulté au premier tour, d’être élu pour un 6e mandat.
Même constat à Vitry-le-François, où après un premier tour à respectivement 1134 et 582 voix, les listes de Jean Pierre Bouquet (Divers Gauche) et Cyril Triolet (Divers Droite), une fois réunies, ont obtenu 1257 voix, soit 459 voix de différence par rapport au cumul des deux listes au premier tour. Insuffisant pour dépasser les 2278 voix recueillies par Sébastien Mirgodin, élu maire de Vitry-le-François avec sa liste Divers Droite.
Chacun fait parler les chiffres à sa façon à Reims
Enfin, à Reims, Anne-Sophie Frigout avait fusionné avec Stéphane Lang au lendemain du premier tour. Au soir du 2nd tour, la candidate du Rassemblement National se félicitait d’un score historique pour son parti à Reims, et se félicitait de l’union avec la liste du candidat divers droite. « Les électeurs de Stéphane Lang ont été largement majoritaires à se porter sur notre liste d’union, ce qui contredit le récit de nos adversaires« , avançait Anne-Sophie Frigout dimanche soir. En passant de 9.687 à 11.777, on peut effectivement imaginer que la liste a pris un peu moins des deux tiers des 3.536 voix recueillies par Stéphane Lang au premier tour.
A échanger avec plusieurs électeurs, il semble que la réalité de terrain soit plus complexe. De quoi faire dire à Arnaud Robinet que la fusion des deux listes de ses adversaires pour ce scrutin a été perdante. Le cumul potentiel des voix de premier tour (13.223, ndlr) ne correspond pas au résultat final de la liste RN (11.777), ce qui fait dire au maire sortant, réélu pour un 3e mandat que la fusion « a fait perdre environ 1500 voix »
Chacun interprètera à sa façon selon son appartenance ou son attachement à un ou l’autre côté. Force est de constater que les unions de liste n’ont en tout cas pas permis d’élargir la base électorale. Une tendance qui s’est confirmée à l’échelle nationale. A l’exception de Nantes par exemple, où la liste Gauche Unie de la Maire sortante Johanna Rolland (unie avec la liste France Insoumise de William Aucant) a permis sa réelection, les unions de liste de gauche ont échoué à Toulouse, Brest ou Strasbourg. Le ralliement de Jean-Yves Bournazel, à droite, n’a pas suffi à Rachida Dati à Paris. Les unions de droite n’ont pas plus fonctionné à Nîmes ou Menton.
Justine Foulon



